Qui est Allianz (assurance) ?

Qui est Allianz ? Quels sont les produits proposés ? Comment l’entreprise a-t-elle réussi à marger ? Atterrissage en terre germanique pour mieux comprendre la réussite de l’assureur.

Allianz est une entreprise privée d’origine allemande, au statut juridique de société européenne, dont la spécialité réside dans la fabrication et la distribution en contrats d’assurance destinés aux particuliers et aux entreprises.

Au cours du temps, en s’appuyant sur une position d’affaires exceptionnelle, elle a élargi le champ de ses activités au-delà du risque en assurance en devenant un acteur bancaire, financier et immobilier majeur.

Son marché domestique, la République fédérale d’Allemagne (RFA),  avec 83 millions d’habitants, est un puissant socle de propulsion et de projection extérieure.

L’ambition de la structure commerciale est de devenir le leader mondial dans le domaine assurantiel et financier sachant qu’elle est déjà numéro 1 en Europe en termes de ventes annuelles.

125 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, 85 millions de clients, 142.000 salariés sur 70 pays déployés en moyenne constatée, le groupe Allianz dispose d’une mécanique numéraire impressionnante.

Le centre opérationnel de la multinationale se situe à Munich (Allemagne), siège social dans lequel le management foisonne d’idées, de créativité et d’inventivité.

L’ensemble construit, heure après heure, des mécanismes et des processus sophistiqués en assurance au service de l’utilisateur et de son écosystème global.

La filiale française – 5 millions de clients, 11.400 salariés, 12.3 milliards d’euros de CA en moyenne – représente un échantillon significatif du modèle de développement de Allianz au niveau international.

La fabrique peut se subdiviser en plusieurs engrenages parfaitement articulés :

  • L’usine :
  1. constitution d’un capital financier, humain et technologique performant ;
  2. identification du marché cible et des besoins ;
  3. fabrication ou transformation des produits d’assurance adaptés à un prix concurrentiel en laboratoire.
  • La distribution :
  1. tissage d’un puissant réseau de partenaires locaux (courtiers, agents généraux) ;
  2. tissage d’un réseau dense d’agences physiques intégrant un rachat significatif (ex. AGF en France) ;
  3. tissage d’une stratégie d’alliances avec des entreprises et des institutions ;
  4. tissage d’un marketing global et efficient.
  • L’ajustement et le réglage via le retour d’expérience et l’analyse en temps réel des opérations déployées en accord avec le pays cible et en Allemagne.

L’assureur allemand est positionné et organisé à l’image d’une entreprise industrielle classique dont l’objectif serait la conquête du consommateur par un rapport optimal entre la qualité et le prix.

1. Socle historique et valeurs

Berlin, 1890, c’est le commencement de l’histoire de Allianz lorsque un assureur et un banquier, débordant d’énergie et d’imagination, ont décidé de s’allier pour répondre aux énormes besoins en protection des entreprises industrielles allemandes.

En pleine ère industrielle, les risques se propageaient partout : incendie, accident, sabotage, vol, impayé, etc.

Nos amis allemands se devaient de construire une offre commerciale réduisant les aléas financiers successifs aux dommages causés par l’existence, au profit des personnes physiques et des personnes morales.

La survie du business en dépendait ; la rigueur germanique supposée ne tergiverse pas avec le risque, peu importe le prix.

Impossible de tisser sereinement un écosystème d’entreprises industrielles et de services, déjà agiles à l’époque, sans une couverture minimale de risque.

Le succès est immédiat, grâce à une conception rigoureuse de produits d’assurance solides, avec une vision internationale en termes de déploiement.

Dès le début, les dirigeants de la firme avaient opté pour un service complet et de qualité optimale pour surpasser le marché.

En bref, le cliché de la signature de la qualité allemande, plus ou moins réelle, que l’on connaît tous.

Les tragédies des deux guerres mondiales, 1914–18 et 1939–45, et l’étroite collaboration de Allianz aux massacres, pour des raisons purement financières, n’ont pas entamé le crédit et le taux de croissance de l’activité dans la durée.

Le sentiment de peur et de sécurité restera une affaire lucrative car le besoin est réel.

On trouve toujours quelqu’un pour payer une promesse de sûreté ; la conséquence d’une condition humaine incertaine.

2. Le nerf de la guerre : la gestion de l’épargne et des actifs

Vendre des assurances, est une chose noble. Et l’on s’en rend compte assez rapidement lorsqu’un pépin survient. Un incendie de son appartement ou de sa voiture ? Cela peut survenir malheureusement.

Et c’est à ce moment précis, qu’on lâche un souffle de soulagement en se disant “on est assuré et on sera remboursé des dégâts”.

Tout au moins, on l’espère.

Bien évidemment, l’assureur n’est pas un samaritain ; son objectif, comme toute entreprise commerciale, est la réalisation naturelle de bénéfices dans le cadre des règles du marché.

Comment augmenter les marges et la rentabilité si l’on distribue des contrats d’assurance ?

Dans un contexte concurrentiel exacerbé, dans lequel chaque agent économique souhaite sa part du gâteau, Allianz a choisi la différenciation pour dominer :

  1. une couverture géographique intense pour diversifier et réduire sa dépendance ;
  2. une réduction analytique des risques via la prévention et l’étude dichotomique des situations à garantir ;
  3. un investissement colossal dans les laboratoires en recherche et développement (intelligence artificielle, supercalculateurs, santé connectée, voiture connectée, maison connectée, etc.) ;
  4. une optimisation intensive dans la gestion de l’épargne collectée et des actifs sur le long terme, appuyée par la technologie et un capital humain augmenté.

Lorsqu’on a atteint une taille critique sur le segment prudentiel, le plus délicat n’est pas d’engranger des contrats.

La difficulté réside dans le réinvestissement de l’épargne collectée pour générer un rendement suffisant. Autrement dit, la différence se concrétise dans la gestion de l’épargne et des actifs.

Marger au mieux découle nécessairement d’une série de décisions en allocation de ressources ; au résultat total heureux.

La science de l’arbitrage est donc au cœur de la stratégie de l’assureur d’outre-Rhin.

Les activités de la filiale Allianz Global Investors et d’autres structures pilotent plus de 1881 milliards d’euros en gestion d’actifs ; ce métier est la pierre angulaire de l’édifice.

En bref, l’exploit tient plus de la capacité à rentabiliser l’épargne récoltée que par l’opération de récolte en elle-même.

Dans ce cadre, rentre en jeu la machine à algorithmes, pour arbitrer des stratégies complexes d’investissement, pour maximiser et sécuriser les affaires, dans le temps long.

3. La résolution robotique 

Le robot a toujours été une obsession des industriels. Les managers munichois de Allianz ne font pas défaut à cet état de fait.

La robotique symbolise la productivité maximale, l’automatisation des tâches et l’efficacité maximale : est-il possible de passer à côté ?

Jour et nuit, des machines qui travaillent, sans broncher, à la place des analystes, des courtiers, des gestionnaires de sinistres, du marketing, des vendeurs, des dirigeants, des gérants de fonds, etc.

Gérer 35 millions de dossiers en assurances de manière automatisée, de la fabrication personnalisée du contrat, à la signature du client, en passant par la gestion des sinistres, des paiements… en quelques secondes et sans aucun être humain ?

Rêve ou illusion ?

Admettons-le, sans hypocrisie, c’est le désir absolu de toute entreprise et l’aboutissement ultime du business.

Les pieds touchent toujours terre pour l’assureur sponsor du Bayern de Munich : la réalité dépasse la science-fiction.

Depuis que l’assureur-vie japonais Fukoku Mutual Insurance a décidé de supprimer 1/4 de ses salariés par un robot sorti tout droit de la production de IBM – un dérivé du système d’intelligence artificielle Watson -, le géant de Munich a remis les bouchées doubles en investissement.

Hors de question pour les experts allemands de se faire dépasser par les japonais, surtout que Nippon Life, l’imposant leader d’Osaka avec ses 70.500 salariés, s’est lancé, to schuss.

Ils connaissent trop bien l’importance stratégique de l’automatisation.

En jetant un coup d’œil du côté des usines industrielles de BMW et de Volkswagen, ils ont pu constater la transformation phénoménale de l’activité et l’effet de levier en termes de rentabilité : les usines se vident, peu à peu, d’humains.

Sur un autre continent, l’entreprise chinoise Shenzhen Everwin Precision Technology n’a pas hésité à remplacer 1.600 salariés par des robots (90 % des employés) dans son usine de production d’électronique de Dongguan.

Un nouveau monde sort de terre ; choc garanti à diffusion lente.

Comment les assureurs vont-ils aborder la question face à des salariés et des puissances publiques inquiètes du phénomène ?

Comment négocier, au mieux, le virage sans déstabiliser la structure ? Peut-on adopter uniquement une posture communicationnelle ?

Quels sont les risques à éviter ? Quelles sont les solutions technologiques à adopter ? Dans quelles situations faut-il utiliser la technologie ?

La robotisation représente-t-elle un risque systémique ou serait-ce qu’un mirage ?

Il faudra bien s’adapter pour vivre et survivre à des machines infernales et impitoyables en termes de productivité.

Des programmes informatiques sortis tout droit de nos créations les plus folles, qui se vendent un peu partout comme des petits pains.

Dans cet environnement imprévisible et disruptif, l’assureur n’est pas mieux assuré que d’autres.



Faits et données :

  • Allianz signifie alliance en langue allemande ;
  • le partenaire stratégique mondial de Allianz : le réassureur Munich Re qui est aussi l’actionnaire principal ;
  • le partenaire en business opérationnel de Allianz : PIMCO, une puissante société américaine d’investissement ;
  • le partenaire français principal de Allianz : la maison AGF, fondée en 1818, rachetée en 1997 ;
  • le concurrent historique de Allianz : AXA ;
  • le produit phare : l’assurance-vie ;
  • la valeur des actifs sous gestion : 1881 milliards d’euros au moins ;
  • le défi : contenir la montée en puissance de l’assurtech en jouant sur la régulation ;
  • le point faible et le point fort : la taille gigantesque ;
  • l’adresse du siège social de Allianz en France est au 1 cours Michelet – CS 30051 – 92076 La Défense Cedex et le numéro de téléphone est au 01.58.85.15.00 ;
  • l’autorité de contrôle est l’ACPR pour la France.

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Nizar Fassi a écrit 37327 articles

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Un commentaire en rapport avec “Qui est Allianz (assurance) ?

  1. Nizar Fassi commente:

    Question réceptionnée le 14 septembre 2010 : En quoi consiste le prêt auto de la société Allianz ?

    Réponse : C’est un crédit affecté à l’achat d’une automobile complétant ainsi l’offre d’assurance voiture de la compagnie d’assurance. Il est distribué sous la forme d’un crédit à la consommation par l’entreprise Allianz.

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