Indice CAC 40 : Analyse complète avant de perdre ou de gagner

Par Nizar Fassi et Aymen Fassi du site rachatducredit.com

Avant de conclure sur une note prévisionnelle et concrète sur le CAC 40 à la date du 11 août 2016, un rapide tour du propriétaire, 6 minutes de lecture, permettra de mieux comprendre et d’analyser son fonctionnement pour éviter de prendre des décisions au doigt mouillé et de tout perdre par fainéantise et manque de connaissance.

Rétrospective intéressante

Historiquement, CAC était l’acronyme de Compagnie des Agents de Change pour être modifié – pour faire plus jeune et plus moderne – en Cotation Assistée en Continu -.

Il a été associé le chiffre “40” pour désigner l’intégration dans l’indice des quarante entreprises les plus valorisées à la Bourse de Paris.

Il a été créé le 31 décembre 1987 à Paris avec un début de cotation en continu à partir de la deuxième quinzaine de juin 1988.

La gestion technique de la plateforme de l’indice CAC 40 a été confiée à l’entreprise Euronext en septembre 2000 suite à la fusion des trois opérateurs boursiers en charge des Bourses de Paris, Amsterdam et de Bruxelles.

C’est la création de la monnaie euro qui a obligée ces opérateurs à une intégration technique et capitalistique.

L’objectif était également de créer un mastodonte européen – par une économie d’échelle et de moyens – en capacité de rivaliser avec les places financières de Londres, de New York et de Hong Kong.

Trimestriellement, la composition du CAC 40 est mise à jour par un comité d’experts avec une permutation possible avec une valeur mobilière du CAC Next 20 en suivant différents paramètres comme les difficultés d’une société, la valorisation, le potentiel etc.

Les investisseurs étrangers sont propriétaires et détiennent plus de 50 % de la capitalisation globale du CAC 40.

L’influence étrangère sur les cours boursiers français est quasiment aussi importante que l’influence intérieure.

L’ouverture, la mondialisation et la libre circulation des capitaux en temps réel ont donc ouvert des perspectives de croissance mais aussi des risques de contagion de toutes sortes.

Désormais, les agents économiques sont puissamment liés les uns aux autres, de part et d’autre des mers et des frontières, par système d’information connecté et relié en live.

La montée de l’interdépendance et de l’interconnexion des marchés financiers suit la l’évolution des progrès technologiques, sans aucune possibilité de revenir en arrière.

Les dialogues, bavardages, informations et rumeurs de marché circulent à la vitesse de la lumière, en tout lieu.

Chacun est au courant et averti de tout : le quidam financier – que les traders professionnels dupaient facilement il y a moins d’une décennie – est devenu un surveillant et un contrôleur général des places financières de nos 5 continents.

On s’est habitués à la démocratisation des outils techniques qui facilitent – il faut bien l’admettre – l’existence.

Cependant, je vous invite à lire une excellente thèse doctorale intitulée “Stratégie de gestion alternative, liquidité des marchés et excès de volatilité ” de Guillaume Queffelec du 10 décembre 2013 de l’Université de Rennes dans laquelle il souligne l’asymétrie persistante des informations entre les agents économiques qui fait encore la différence dans la rentabilité des placements et investissements.

12 années après sa création de 1988, à la fin d’un été doux de l’an 2000, le CAC 40 a atteint un pic à… 6944 points.

Deux chocs successifs new-yorkais, dont le foyer central est le quartier d’affaires Wall Street, à résonance mondiale – la bulle technologique de 2000  et l’événement des Tours jumelles du 11-septembre – ont fini par achever le CAC 40 en finissant sur un seuil historique à 2400 points, soit un effondrement de 65, 42 % en l’espace de 28 mois.

Excès de liquidités et folie spéculative

La spéculation sur les valeurs technologiques – se souvenir des PER délirants d’entreprises qui n’effectuaient pas un sou de chiffre d’affaires comme la société Netscape valorisée à 2 milliards $ dès son premier jour de cotation – et la sécurité ont été les principaux facteurs explicatifs et éléments déclencheurs de cette situation dramatique.

“Exubérance irrationnelle”, clamait alors l’éminent Alan Greenspan le 5 décembre 1996 – président de la FED de 1987 à 2006 – au sujet des investissements considérables sur le phénomène spéculatif des start-up.

Personne, à l’époque, n’écoutait ce vieux Monsieur, disait-on silencieusement dépassé malgré son pilotage rigoureux du Krach d’octobre 1987 et d’un contrôle du taux d’inflation aux USA.

Il a pris sa retraite dorée à l’aune de la crise des subprimes en 2006.

Il a été reproché à M. Greenspan de ne pas avoir entendu et écouté les conseils de feu Edward Gramlich, professeur d’économie à l’Université du Michigan et spécialiste du marché immobilier, membre du conseil supérieur de la Réserve fédérale entre 1997 et 2005.

Les promesses de gains de la bulle Internet n’ont jamais vu le jour et la période d’euphorie laissa place à la raison, pour un temps tout au moins.

Les valeurs du CAC 40 – qui sont pourtant de vieilles entreprises bien concrètes et solides – ont subi les foudres de cet éclatement de la bulle spéculative.

Il est probable qu’un excès de liquidités sur le marché a engendré cette spéculation globale.

La recherche en science économique a ouvert des brèches éclairantes dans l’étude et l’analyse intrinsèque des phénomènes de création de bulles en rapport avec les excès de liquidités comme le montre le rapport publié par le Trésor public français, rédigé par  les deux économistes Benjamin Delozier et Sébastien Hissler, intitulé “Diagnostics, prévisions, et analyses économiques”, publié en août 2005.

On pourra aussi notre note analytique, rédigée par les économistes Nizar Fassi et Aymen Fassi en mai 2016, sur les cycles économiques et les notions de crises.

6104 points est le record absolu du CAC 40 atteint à la date du 1er mai 2007 sur cette dernière décennie. C’était juste avant la tempête financière et économique de la crise des subprimes.

On se souvient des images effrayantes à la télévision et des informations anxiogènes :

  • la faillite de la banque américaine Lehman Brothers ;
  • les files d’attente de clients apeurés aux guichets de la banque centenaire Northern Rock et les nationalisations en centaines de milliards de livres sterling au Royaume-Uni – comme celle de la banque méconnue Bradford & Bingley qui a été nationalisée pour 63 milliards d’euros -;
  • les centaines de faillites de banques régionales américaines – environ 350 établissements bancaires locaux et régionaux ont mis la clé sous la porte selon le décompte de la FDIC et qui a dénombré près de 850 banques en grande difficulté entre 2008 et 2013 – et des millions de saisies immobilières aux États-Unis d’Amérique avec un pic en 2010 à 2, 9 millions de saisies selon l’entreprise immobilière RealtyTrac (chiffres assez proches de ceux de la FED). 

Pour ceux et celles qui disposaient d’un portefeuille financier incluant des valeurs indexées au CAC 40, ils se rappellent surtout du grand plongeon qui a suivi avec un plus bas à 2702 points au 1er février 2009, soit une chute de 55, 7 % entre le pic et le point bas en à peine 21 mois.

De quoi marquer une vie, donner le tournis, des sueurs froides et à inciter à la prudence.

Lorsque la fête est finie : faire le ménage avec un grand coup de balai est un passage obligé pour rendre les lieux propres.

Pour ceux et celles qui ne se souviennent pas – trop jeunes ou autres raisons -, l’apprentissage peut passer par une simulation empathique et une mise en perspective afin qu’ils intègrent tous les risques de marché lors des arbitrages décisionnels sur tel ou tel actif.

Avoir une confiance en soi ne suffit pas pour augmenter sa résilience au stress et aux secousses des bourses.

Pour un indice solide composé des 40 plus grandes capitalisations boursières de la Bourse de Paris, c’est un sacré effondrement. Certes une chute irrationnelle – en décorrélation totale avec les fondamentaux solides de l’époque des entreprises composant l’indice phare de la France – mais les faits sont là.

Lorsque les marchés et les investisseurs sont pris dans la tourmente des incertitudes et de la panique, l’enclenchement de la mécanique baissière s’emballe.

La peur de tout perdre est le fouet le plus puissant qui existe.

À l’ouverture de ce matin du 11 août 2016, l’indice CAC 40 évoluera autour des 4450 points, soit une hausse de 64, 7 % depuis le pic bas du 1er février 2009 ( petit rappel important au passage, une joyeuseté des mathématiques à ne pas oublier pour vos trades : une hausse de 10 % suivi d’une baisse de 10 % sur une valeur ne signifie pas 0 % d’évolution mais 1 % de baisse). 

Les agents économiques sont inquiets et concentrés à la moindre information et au moindre soubresaut du marché : l’humeur est à la surveillance des faisceaux d’indices même pendant les vacances estivales de août.

Ils ne décrochent pas.

On ressent la peur – le ressenti et le sentiment de marché sont des paramètres à intégrer pour apprécier au mieux la situation.

Conclusions concrètes

À 4450 points pendant que je rédige ces lignes, le CAC reste atone, un faux-plat, comme suspendu à une nouvelle estivale.

La barre symbolique des 4500 points est un seuil psychologique et technique important.

Les facteurs politiques et économiques sont à même de provoquer de nouveaux chocs importants amenant à une chute de l’indice du CAC 40.

Si ce cas survenait, l’indice CAC 40 pourrait s’effondrer, comme par le passé, en allant toucher les 2500 points.

A contrario, en cas d’amélioration de la conjoncture économique dans un environnement stable globalement, le CAC 40 franchirait potentiellement les 6000 points.

L’an dernier, en août 2015, on avait connu des mouvements importants sur le CAC liés principalement aux informations catastrophiques sur des renseignements sur le ralentissement économique et la dette chinoise impactant sur des marchés asiatiques en panique.

Aujourd’hui, le marché a digéré assez convenablement le Brexit, les turbulences des banques européennes, les problèmes des dettes publiques, les incertitudes monétaires et économiques et l’instabilité sécuritaire.

Les incertitudes politiques des prochaines échéances électorales en 2016 et en 2017, aux USA, en France, en Italie et en Allemagne seront des facteurs importants pour les mouvements de marché.

Il est probable qu’on s’achemine vers une fin d’été en dents de scie et calme jusqu’à la fin de l’été, sans rallye ni catastrophe.

Pour les amoureux et spécialistes du scalping – forte expérience recommandée -, il sera possible de faire de petites plus-values par des achats-ventes opportunistes à court terme en jouant sur les variations minimes sur l’indice du CAC 40.

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