a-Diverses effets relatifs à la faillite d’un établissement de crédit ou d’une banque
Premièrement, il y a ce qu’on appelle « l’effet domino » où chaque banque insolvable va mettre en péril toutes les autres institutions qui lui ont prêté des liquidités. Ce risque est d’autant plus présent quand il s’agit d’achat et de vente de trésorerie entre banques car ici, les établissements de crédits se trouvent devant un emprunteur classique qui ne dispose plus des fonds pour être solvable. La chute d’une banque, ébranlant la confiance des marchés, fait supporter aux autres firmes bancaires une augmentation des coûts de leurs ressources.
Deuxièmement, il y a ce qu’on appelle « l’effet de contagion » qui stipule que la faillite d’une banque peut avoir pour conséquence la perte de confiance du public dans le système bancaire dans son ensemble et pousser les agents à venir tous en même temps retirer leurs dépôts par peur de la faillite dans les autres banques (c’est ce qu’on appelle la « course aux guichets »). Si le mouvement se généralise, on voit immédiatement que cela met en danger la stabilité du système financier et économique dans son ensemble, conduisant à un rationnement du crédit et, par-là, à une baisse conjointe de l’offre et de la demande globale.
A ce raisonnement, nous pouvons ajouter la théorie de Guttentag et Herring (1986) relative à la « myopie au désastre » qui, elle, s’axe davantage sur l’approche micro-économique du phénomène.
B-Une vision microéconomique de la fragilisation du secteur bancaire
a-Théorie de la myopie au désastre
Guttentag et Herring se sont intéressés aux travaux de psychologie cognitive relatifs à une sous-estimation des probabilités de chocs et notamment des chocs de crédits.
Pour eux, il existe un ensemble d’éléments (le temps écoulé depuis le dernier choc, le degré de concurrence au sein de la communauté bancaire, le raccourcissement de l’horizon temporel des décideurs favorisé par leur mobilité professionnelle et certaines modalités de rémunération, et l’anticipation faite par les banques d’un soutien implicite des autorités publiques) qui vont stimuler la myopie au désastre.
Mais qu’est-ce que la myopie au désastre ?
C’est le fait pour les banques de sous-évaluer les probabilités de chocs et notamment des chocs de crédit résultant du défaut d’un ou de plusieurs emprunteurs importants.
La connaissance de la banque et sa capacité d’expertise ne pouvant lui permettre de faire une évaluation correcte de la situation réelle d’un débiteur potentiel, les décideurs vont se baser sur la mémorisation d’événements similaires. Ainsi, plus le temps s’écoule depuis le dernier choc, plus les décideurs vont la sous-estimer et la marginaliser.
Guttentag et Herring vont jusqu’à dire qu’en dessous d’un certain seuil qualifié de « seuil heuristique », les décideurs vont percevoir la probabilité d’un choc comme nul.
Or cette myopie semble favorisée par l’augmentation de la concurrence sur le secteur bancaire.
b- Les causes
La baisse des barrières à l’entrée ou encore la suppression totale de l’encadrement du crédit et des contrôles administratifs sur les taux d’intérêts favorisent l’implantation de nouveaux entrants. Les banques ne peuvent fixer les taux débiteurs à des niveaux adéquats à la probabilité subjective non nulle qu’elles attribuent à l’éventualité d’un choc majeur. Ainsi, elles ne pourront inclure une prime de risque de défaut dans leurs taux de crédits dès lors que la majorité de leurs concurrents fixent ce « prix » comme si la probabilité était nulle. Il va donc y avoir une dissonance cognitive qui va affecter les managers de banque. Ce mécanisme d’autoprotection du bien-fondé de leurs décisions passées pourra prendre différentes formes allant de l’ignorance volontaire des informations nouvelles à un rejet de leur pertinence, en passant par une distorsion de leur interprétation visant à justifier les choix effectués.
Et c’est ainsi qu’à terme, cette myopie au désastre accompagnée par des emprunteurs qui vont être amenés à dissimuler leur réelle position financière dans le but de pouvoir obtenir de nouveaux crédits et prêts expliquent les dérives dans les processus de crédits conduisant à de véritables dynamiques de surendettement.
Quand un emprunteur va mentir sur sa situation financière dans le but ultime d’accéder à davantage de crédits et de prêts personnels, cela peut s’enclencher une dynamique de surendettement. Cette dynamique se caractérisera par une offre de crédit accélérée, un tassement (voir une quasi-disparition) des primes de risque et une détérioration de la qualité des créances (qui ne sera pas perçue comme tel par les créanciers). Ici aussi, surviendra une crise de crédit brutale, avec comme conséquence, une défiance généralisée à l’égard de la solvabilité des emprunteurs qui va conduire les banques à rationaliser drastiquement la quantité de crédit octroyée. La résultante directe d’une telle mesure est une accélération de la mise en défaut des débiteurs et donc une affection sur l’activité réelle. L’exemple de la crise bancaire japonaise en est une parfaite illustration .
L’utilisation ou la proposition de restructuration des dettes par les banques et organismes de crédit permet de parer aux difficultés d’argents de particulier dont le dossier est traitable. C’est le rachat de crédit immobilier et hypothécaire ou le regroupement de crédit à la consommation. Même en difficulté en cas de divorce et séparation de concubin et partenaire pacsé ,il est possible d’utiliser le rachat de soulte.
