Au tour des assureurs de subir pleinement la crise
Du côté des mastodontes de l’assurance on voyait, jusqu’à aujourd’hui en tous cas, surtout les grandes sociétés européennes recourir à l’aide des Etats (exception faite d’AIG qui lui est un cas particulier). En effet, les noms qui étaient associés à ce genre de soutien étaient plutôt ING, AEGON, KBC qui sont d’ailleurs des bancassureurs. On était plus habitués à voir les assureurs touchés au niveau de leur plus ou moins value latente et à la rigueur de leurs Fonds Propres.
Les plus ou moins value latente sont les plus ou moins values réalisées sur le portefeuille d’actif des assureurs à un instant donné mais tant que ces actifs n’ont pas été vendus. C’est-à-dire tant que ces derniers sont toujours détenus en portefeuille.
Cependant, depuis peu, les résultats de ces sociétés d’assurance sont de plus en plus inquiétants. Des dépréciations d’actifs de l’ordre de 143 milliards de dollars ont été passées depuis le début de l’année par les seuls assureurs. De plus ces derniers n’ont bénéficié d’aucun assouplissement aux normes IAS et au calcul de la Fair Value comme les banquiers.
On rappelle que depuis peu le International Accounting Standards Board (IASB) qui est « l’organisme international chargé de l’élaboration des normes comptables internationales IAS/IFRS » a assoupli ses normes pour donner un peu d’air aux banquiers. Cela s’est fait au vu de la crise financière et des banques qui étaient contraintes de passer des provisions à cause des dépréciations survenues à l’actif et donc de détériorer leur bilan. Ainsi certains actifs, notamment les plus difficiles à valoriser, peuvent être reclassés pour en diminuer les dépréciations.
Les grandes banques françaises (Natixis, BNP Paribas, CALYON, ou encore Société Générale) n’y ont pas eu recours pour leurs résultats du troisième trimestre mais cela devrait être le cas pour les résultats annuels.
Ainsi AXA, qui n’est autre que la plus grande société d’assurance française, qui réalise d’ailleurs la plus grande partie de son résultat en dehors de la France, a annoncé hier (mardi 25 novembre) par l’intermédiaire de son PDG Henri de Castries qu’il revoyait sérieusement son résultat opérationnel à la baisse pour l’année 2008. Le résultat devrait osciller entre 3,6 et 4 milliards d’euros pour cette année alors que lors de la publication des résultats semestriels AXA avait annoncé qu’il serait égal à celui de 2007 à savoir 4,9 milliards d’euros. Une grosse désillusion par rapport à la stratégie de l’entreprise qui, par l’intermédiaire de son plan « Ambition 2012 », tablait sur un triplement de son résultat opérationnel en l’espace de 8 ans. Aujourd’hui ces objectifs ne sont plus d’actualité pour le groupe et sont même jugés « obsolète » par Henri De Castries.
On peut aussi rappeler les pertes réalisées par certains groupes tel que ALLIANZ qui terminait le troisième trimestre sur une perte de 2 milliards d’euros dû en grande partie à sa filiale bancaire Dresdner Bank qui à elle seule a perdu 1,2 milliards d’euros. GENERALI a quant à elle mieux résisté puisque son résultat sur les 9 premiers mois n’a reculé « que » de 32%.
Pas de quoi s’alarmer tout de même puisque la plupart de ces grands groupes paraissent encore solide au vu de leur ratio de solvabilité. Mais cela va-t-il encore durer si la crise persiste ?
NEJ
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